Cheval : Biomécanique du dos, attitude et recherche de l’équilibre. Comment fonctionne le dos de mon cheval ?

Le dos du cheval est composé de vertèbres thoraciques et lombaires, il représente le trait-d’union entre l’avant main du cheval et son arrière main. Il est suspendu par de puissantes chaînes musculaires entre les deux antérieurs et soutenu par le bassin au niveau des articulations lombo-sacrée et sacro-iliaque. Le bassin étant lui-même porté par les puissants membres postérieurs.

L’axe vertébral forme un véritable "pont tendu" entre les antérieurs et les postérieurs qui acheminent le mouvement propulsif.

Cet axe est équilibré en avant par le balancier cervico-céphalique, et dans la plupart des disciplines équestres, il supporte le poids du cavalier.

Ce pont possède une certaine souplesse, indispensable au bon fonctionnement de la locomotion du cheval, et participe de manière importante à la propulsion. Il se doit d’être à la fois souple pour permettre une locomotion optimale, mais suffisamment tonique afin de transmettre la propulsion dans les meilleures conditions physiologiques possibles, tout en supportant dans le cadre de l’équitation, le poids du cavalier.

L’attitude du cheval lors de sa locomotion est très importante et la tonicité ainsi que le placement de son dos, lors de sa mise en mouvement, est un point essentiel à respecter pour une équitation durable permettant au cheval un confort et un respect de sa biomécanique.

Chez le cheval monté, le dos doit être « porteur » afin de porter le poids du cavalier sans difficultés et dans de bonnes conditions. Et cela n’est pas inné pour le cheval.

Cette attitude doit s’apprendre lors du débourrage, et même avant, lors le travail à pied qui le précède.

Mais comment fonctionne le dos du cheval ?

 

Les chaînes musculaires parcourant le dos se prolongent, pour la plupart, du tronc (thorax et abdomen) à la région cervicale. Ils assurent les mouvements de flexion et d’extension de la colonne vertébrale ainsi que les mouvements d’incurvations.

On peut différencier ces chaînes musculaires en deux groupes :

            - Une ligne dorsale/chaîne, constituée de muscles plus ou moins vastes, situés généralement au-dessus de l’axe vertébral, et dédiée principalement aux mouvements d’extension de l’axe vertébrale.

           - Une ligne/chaîne ventrale, constituée de muscles situés en dessous de l’axe vertébral. Il s’agit des muscles en région abdominale et sous-lombaire ainsi que les muscles de l’encolure situés sous les cervicales (cervicaux ventraux). Ces muscles sont principalement dédiés à la flexion du rachis.

En ce qui concerne la chaîne dorsale ou ligne dorsale, ses muscles pour la plupart extenseurs, convergent sur les très hauts processus épineux du garrot, constituant: un point d’ancrage (la charnière cervico-thoracique).

Le second point d’ancrage est constitué par les os du bassin et permet d’établir la continuité entre la chaîne musculaire vertébrale et la chaîne musculaire de la hanche et du postérieur.

Le ligament nucal (et surtout la corde du ligament nucal) relit la tête et les cervicales au garrot.

Il se prolonge jusqu’au sacrum (au niveau du bassin) par le ligament supra-épineux et représente un lien ininterrompu entre la tête et le bassin. Il  joue un rôle très important dans l’équilibrage de cette chaîne. Cette corde est suffisamment rigide pour être mise en tension.

Popesko

La chaîne ventrale assure les mouvements de flexion de la colonne vertébrale et de latéroflexion, Elle possède différents points d’ancrage :

- Céphalique au niveau du crâne en ventral,

- Costo-xiphoïdien (au niveau du sternum et des côtes), et enfin :

- Pubien et inguinal (en ventral du bassin).

Elle constitue ce qu’on appelle « la ligne du dessous ».

Les deux chaînes dorsale et ventrale ne peuvent fonctionner correctement l’une sans l’autre, elles agissent conjointement en prenant appuis l’une sur l’autre.

En effet, dans la plupart des attitudes et dans de nombreux exercices, la sangle abdominale est déterminante et son développement est de grande importance.

Par exemple, la chaîne cervicale ventrale travaille en synergie avec la chaîne abdominale, sa mise sous tension, favorise la flexion lombaire et la mise en tension du dos, notamment lors « d’appuis »/ mise en tension sur le mors.

L’attitude en descente d’encolure, quant à elle, favorise la flexion thoracique et la montée du dos, accompagnées lors de la propulsion, d’une flexion lombo-sacrale et coxo-fémorale (engagement du postérieur) plus importante.

Attitude en descente d'encolure, et implication des chaînes musculaires dorsale et ventrale

C’est pourquoi la légèreté de l’avant main doit être le résultat de l’abaissement des hanches et non du seul relèvement de l’encolure si l’on veut garder un dos en tension, « dans la bonne attitude ».

Lorsque l’allègement de l’avant main n’est dû qu’au relèvement de la tête, la mise en tension du dos n’est pas possible, ce dernier s’affaisse et ne peut être « porteur ».

Cela peut donner lieu à des allures artificielles, des contraintes au niveau de la colonne vertébrale qui peuvent fragiliser l'appareil locomoteur, voir des troubles locomoteurs à long terme. 

On peut aussi noter que la ligne dorsale est la chaîne musculaire la plus sollicitée et développée, chez les chevaux travaillés de manière dite « à l’envers ».

En effet, l’attitude « ouverte » (tête assez haute, cervicales en extension et angle tête/ encolure ouvert), favorise les muscles extenseurs du dos et de l’encolure.

Ces derniers travaillent alors avec des insertions musculaires rapprochées (« gonflette » :D ).

Les muscles de la ligne du dessous sont alors  étirés, pour certains relâchés et les muscles sous-lombaires tentent alors de compenser le manque de flexion thoraco-lombaire lors de l’engagement des postérieurs.

Attitude "ouverte" et implication sur les chaînes musculaires